Avoir un jardin signifie être forcément confronté un jour ou l’autre à ce que l’on appelle “les mauvaises herbes”, ces plantes qui poussent de manière incontrôlée à des endroits indésirables du jardin. Même si elles ne sont pas toujours “mauvaises”, elles peuvent causer de nombreux problèmes dans les jardins et les pelouses, allant de la compétition pour les nutriments et l’eau à l’étouffement des plantes souhaitées.
Cette page recense les 10 mauvaises herbes les plus courantes dans les jardins français, avec pour chacune une photo d’identification, une description détaillée, son mode de propagation et une méthode de suppression écologique. Le tableau ci-dessous permet de les comparer en un coup d’œil : type de racine, caractère envahissant, comestibilité, dangerosité. Si vous cherchez à identifier rapidement une plante indésirable, commencez par ce tableau.

Tableau comparatif des 10 mauvaises herbes du jardin
| Nom commun | Type | Racine | Envahissante | Difficulté |
|---|---|---|---|---|
| Chiendent (Elymus repens) | Vivace | Rhizomes | Forte | ★★★★ |
| Renouée du Japon (Fallopia japonica) | Plante invasive | Rhizomes profonds | Très forte | ★★★★★ |
| Liseron des haies (Calystegia sepium) | Vivace | Rhizomes | Forte | ★★★★ |
| Chardon (Cirsium spp.) | Vivace | Traçante | Modérée | ★★★ |
| Ronce (Rubus fruticosus) | Vivace | Traçante | Forte | ★★★ |
| Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare) | Annuelle | Pivotante | Modérée | ★★ |
| Égopode podagraire (Aegopodium podagraria) | Vivace | Rhizomes | Forte | ★★★★ |
| Plantain lancéolé (Plantago lanceolata) | Vivace | Pivotante | Modérée | ★ |
| Vergerette du Canada (Erigeron canadensis) | Annuelle / bisannuelle | Pivotante | Forte | ★★★ |
| Lampourde (Xanthium strumarium) | Annuelle | Pivotante | Modérée | ★★ |
1. Chiendent (Elymus repens)

Le chiendent est une mauvaise herbe tenace aux longues tiges rampantes et aux feuilles plates et pointues. Il s’enracine rapidement dans le sol grâce à ses rhizomes, ce qui rend son élimination difficile. Elle forme souvent des grosses mottes de terres indésirables qui vont épuiser la pelouse. D’où l’expression : “ça pousse comme du chiendent !”, qui décrit quelque chose de très vivace, très rustique et qui pousse partout très rapidement. Pour contrôler cette mauvaise herbe de manière écologique, retirez manuellement autant de rhizomes que possible et surveillez régulièrement la zone pour éliminer les nouvelles pousses.
2. Renouée du Japon (Fallopia japonica)

La renouée du Japon est une plante vivace invasive originaire d’Asie qui peut causer des dommages considérables aux structures et aux écosystèmes. Elle se caractérise par ses tiges creuses ressemblant à du bambou et ses feuilles en forme de losange. La meilleure méthode écologique pour lutter contre la renouée du Japon est d’arracher les jeunes pousses à la main avant qu’elles ne produisent des rhizomes. Mon conseil : si vous en avez dans votre jardin, assurez-vous de les supprimer systématiquement et méthodiquement. Elles nuisent plus qu’elles n’apportent à la biodiversité locale. Et pas de craintes : elle est officiellement considérée comme plante invasive par le ministère du développement durable et de l’environnement.
3. Liseron des haies (Calystegia sepium)

Le liseron est une plante grimpante vivace originaire d’Europe et d’Asie, reconnaissable à ses grandes fleurs blanches en forme de trompette. Contrairement au lierre sur qui pousse sur les arbres, le liseron s’enroule autour des plantes voisines et peut aller jusqu’à les étouffer en pleine période de pousse, d’avril à juin. Pour le contrôler écologiquement, on peut le couper régulièrement à la base ou le priver de lumière en paillant généreusement le sol. Comme mauvaise herbe, le liseron est sans aucun doute la plus agaçante : elle pousse partout, s’enroule autour des plantes, pousse sur les sols paillés… tous les ans, elles envahissent mes rosiers et mes haies. C’est un combat permanent pour s’en défaire !
4. Chardon (Cirsium spp.)

Le chardon, originaire d’Europe, est une plante vivace épineuse avec des fleurs pourpres en pompons. Ses feuilles et tiges sont couvertes de piquants, et il se reproduit par graines et par des racines traçantes. Pour s’en débarrasser écologiquement, on peut arracher les jeunes plants avant qu’ils ne montent en graines et couper les tiges pour épuiser la plante.
5. Ronce (Rubus fruticosus)

La ronce est une plante vivace originaire d’Europe, connue pour ses tiges épineuses et ses feuilles composées de folioles dentelées. Elle produit des fruits comestibles, les mûres, mais elle peut devenir envahissante en formant des fourrés denses difficiles à traverser. Pour la contrôler écologiquement, on peut couper les tiges à ras du sol régulièrement et arracher les jeunes pousses avec leurs racines. Il est aussi possible de couvrir les zones infestées de bâches occultantes pour priver les ronces de lumière et épuiser les racines. Attention, les ronces ne sont pas toujours des mauvaises herbes : dans un jardin forêt comestible, c’est un atout précieux dans les strates bases de la forêt, car il produit des fruits en quantité et un abri pour la petite faune.
6. Renouée des oiseaux (Polygonum aviculare)

Plante annuelle rampante originaire d’Europe, la renouée des oiseaux a de petites feuilles ovales et des tiges minces et ramifiées. Elle prolifère dans les sols compactés. On la voit souvent pousser le long des murs ou des trottoirs. Pour la contrôler, on peut ameublir le sol et arracher les plants manuellement avant qu’ils ne se ressèment.
7. Égopode podagraire (Aegopodium podagraria)

L’égopode podagraire, aussi appelé « herbe aux goutteux », est une plante vivace originaire d’Europe et d’Asie. Elle est reconnaissable à ses feuilles composées de trois folioles dentées et à ses petites fleurs blanches regroupées en ombelles. L’égopode est très envahissant en raison de ses rhizomes souterrains qui se propagent rapidement, formant de larges colonies. Pour s’en débarrasser écologiquement, il est recommandé de couper régulièrement les feuilles pour épuiser les racines ou de déterrer les rhizomes en prenant soin de retirer toutes les racines pour éviter une nouvelle croissance. La couverture du sol avec une bâche occultante est également efficace pour limiter sa propagation.
8. Plantain lancéolé (Plantago lanceolata)

Originaire d’Europe, le plantain lancéolé est une plante vivace avec des feuilles étroites et longues disposées en rosette. Il produit des épis de petites fleurs blanches. Pour le contrôler, il suffit de le déterrer à la main en veillant à retirer toute la racine pivotante.
Personnellement, je ne tond pas toute ma pelouse et laisse une partie en jachère. Le plantain y pousse naturellement dans ces parties et côtoie d’autres plantes. Je la qualifierai pas pour autant de mauvaise herbe car elle a un aspect esthétique très intéressant dans une prairie fleurie. Toutefois, vous pouvez l’enlever si elle côtoie votre gazon, elle peut l’affaiblir.
9. Lampourde (Xanthium strumarium)

La lampourde est une plante annuelle originaire d’Europe du Sud et d’Asie, aujourd’hui présente dans toute la France. Elle se reconnaît facilement à ses fruits ovoïdes recouverts de crochets rigides qui s’accrochent aux vêtements et à la fourrure des animaux, assurant ainsi une dispersion très efficace des graines. Ses feuilles sont grandes, rugueuses, en forme de cœur, et ses tiges épaisses peuvent atteindre 1 mètre de hauteur. Elle affectionne les sols riches et remués : bords de champs, berges de rivières, jardins potagers.
Attention : ses graines et jeunes pousses sont toxiques pour les animaux domestiques (chiens, chevaux, bovins). Pour la contrôler écologiquement, arrachez les plants avant la formation des fruits, une fois les crochets formés, chaque contact avec la plante dissémine les graines sur de nouveaux territoires. Évitez de la mettre au compost.
10. Vergerette du Canada (Erigeron canadensis)

Malgré son nom, la vergerette du Canada est présente en France depuis le XVIIe siècle et figure aujourd’hui parmi les adventices les plus communes des jardins, friches, bords de routes et vignobles français. C’est une plante annuelle ou bisannuelle reconnaissable à sa tige dressée et ramifiée pouvant atteindre 1 mètre, couverte de petites feuilles étroites et velues, et à ses minuscules fleurs blanches regroupées en longues panicules.
Sa capacité de dissémination est exceptionnelle : un seul plant peut produire jusqu’à 200 000 graines dispersées par le vent. Elle s’installe préférentiellement sur les sols nus et ensoleillés : le meilleur moyen de la prévenir est donc de maintenir un couvert végétal dense. Pour l’éliminer, arrachez les jeunes rosettes au printemps avant la montaison, en veillant à retirer l’intégralité de la racine pivotante.
Reconnaitre une mauvaise herbe par son type
Mauvaises herbes grimpantes
Parmi les 10 herbes de cette liste, une seule est véritablement grimpante : le liseron des haies (Calystegia sepium). Il s’enroule autour des tiges voisines et peut étouffer rapidement rosiers, haies et arbustes entre avril et juin. Pour l’identifier : grandes fleurs blanches en trompette, feuilles en forme de flèche.
Mauvaises herbes à rhizomes (les plus tenaces)
Trois herbes de cette liste se propagent par rhizomes souterrains, ce qui les rend particulièrement difficiles à éliminer : le chiendent, la renouée du Japon et le liseron des haies. Le moindre fragment de rhizome laissé en terre redonne une plante entière. La bâche occultante posée sur une durée d’un an minimum est souvent la méthode la plus efficace.
Mauvaises herbes piquantes ou à fruits accrochants
Deux herbes de cette liste peuvent blesser : le chardon (Cirsium spp.), dont les feuilles et tiges sont couvertes de piquants rigides, et la ronce (Rubus fruticosus), aux tiges armées d’épines recourbées. La lampourde (Xanthium strumarium) produit quant à elle des fruits recouverts de crochets qui s’accrochent aux vêtements et à la fourrure des animaux. Gants épais recommandés pour toutes ces espèces.
Mauvaises herbes comestibles (à ne pas arracher systématiquement)
Certaines plantes de cette liste sont comestibles et méritent d’être conservées avec discernement : l’égopode podagraire (feuilles au goût anisé, utilisées comme herbe aromatique) et le plantain lancéolé (feuilles comestibles, propriétés apaisantes reconnues en phytothérapie). Avant d’arracher, demandez-vous si la plante ne peut pas trouver sa place dans votre jardin.
Les “fausses mauvaises herbes” : des plantes utiles à réhabiliter
Toutes les plantes qui poussent spontanément dans un jardin ne sont pas des ennemies. Certaines sont systématiquement arrachées à tort, alors qu’elles jouent un rôle écologique précieux.
Le Pissenlit (Taraxacum officinale)

Le pissenlit est une plante vivace aux feuilles dentelées qui forme une rosette basse au sol. Les fleurs jaunes distinctives se transforment en boules de graines duveteuses qui sont facilement dispersées par le vent. Personnellement, le pissenlit est une des “mauvaises herbes” que j’apprécie le plus.
Dans ma prairie fleurie, je veuille à ne pas y toucher et, au contraire, à ce qu’elle se multiplie. Elle est très bénéfique à bien des égards : elle attire les pollinisateurs (ne tuons pas les guêpes, qui en font aussi partie), elle est jolie et on peut l’utiliser de biens des façons, même en cuisine. Je vous conseille de l’enlever seulement si elle pousse sur une parcelle de gazon, ou de façon indésirable dans un massif.
L’ortie (Urtica dioica)

L’ortie est une plante vivace originaire d’Europe et d’Asie, célèbre pour ses poils urticants. Elle a des feuilles dentelées en forme de cœur et des tiges carrées. Pour s’en débarrasser, on peut arracher les plants à la main (avec des gants) ou les couper régulièrement pour épuiser les racines. Les orties ont mauvaises réputation, et pourtant : on peut faire beaucoup de choses avec les orties. Plutôt que de les déraciner, je vous conseille de les tailler à la base. Elles repousseront et vous pourrez vous en servir de bien des façons ; vous verrez, elles sont très utiles.
Quelques techniques écologiques de gestion des mauvaises herbes
Si une de ces plantes devient invasive ou pose problème dans l’équilibre de votre jardin, vous pouvez envisager de l’enlever. Mais inutile d’utiliser des produits chimiques ! Les mauvaises herbes se traitent très facilement avec des méthodes naturelles. Je vous donne 3 astuces simples à mettre en œuvre pour prévenir et traiter naturellement les mauvaises herbes.
1/ La prévention : paillage, plantes couvre-sol, rotation
La prévention est la clé pour minimiser les problèmes de mauvaises herbes dans votre jardin ou votre pelouse. Le paillage, la rotation des cultures et l’utilisation de plantes couvre-sol sont autant de méthodes préventives efficaces.
2/ Des méthodes de désherbage naturelles
Il existe plusieurs alternatives naturelles aux herbicides chimiques, telles que le vinaigre, l’eau bouillante et les solutions à base de sel. Ces solutions doivent être appliquées avec précaution pour éviter d’affecter d’autres plantes à proximité. Utilisez des méthodes d’élimination manuelles, telles que l’arrachage à la main ou l’utilisation d’outils spécialisés, et appliquez des solutions naturelles avec précaution (notamment pour le sel et le vinaigre blanc).
Les méthodes de gestion des mauvaises herbes peuvent varier en fonction du climat et du type de sol. Adaptez vos pratiques à votre région pour obtenir les meilleurs résultats.
3/ Des outils adaptés
Enfin, certains outils peuvent faciliter grandement l’élimination des mauvaises herbes. Parmi eux, on trouve les bêches, les couteaux désherbeurs et les extracteurs de racines pivotantes. Investir dans ces outils peut vous faire gagner du temps et de l’énergie.
En adoptant une approche écologique et proactive pour identifier et gérer les mauvaises herbes dans votre jardin ou pelouse, vous contribuerez non seulement à améliorer l’apparence et la santé de votre espace vert, mais aussi à protéger l’environnement. Prenez le temps d’étudier les différentes espèces de mauvaises herbes présentées ici et adaptez vos pratiques en fonction de votre région pour obtenir les meilleurs résultats.
